Le vin des seigneurs, des religieux, des paysans
Au Moyen Âge, le vin est omniprésent dans toutes les strates de la société, mais pas de façon homogène. Pour la noblesse et le clergé, il est présent lors des banquets, cérémonies et célébrations religieuses. Les églises et abbayes du Vexin utilisent le vin local pour la messe — la “vinum sacrificii”, souvent récolté dans les vignes de leur domaine.
Chez les paysans, le vin est avant tout un aliment. On en boit quotidiennement, car l’eau est souvent insalubre. Le vin — souvent coupé d’eau ou transformé en “piquette” via une seconde fermentation des marcs — fait donc partie du repas, même modeste.
- La “pinte” ou la “queue” : des unités de mesure locales permettent de contrôler le commerce et la fiscalité du vin.
- Les Foires de la Saint-Martin ou du Carême voient le vin du Vexin couler à flot, notamment à Gisors et Magny-en-Vexin, véritables centres festifs médiévaux.
Le vin et les rituels de la vie : mariages, alliances, dons
Le vin du Vexin tient une place à part lors des moments clés de la vie. À la naissance d’un héritier, il n’est pas rare que des “tonneaux de l’an neuf” soient partagés entre la famille et le voisinage. Les mariages s’accompagnent obligatoirement d’un service de vin local, et lors des alliances féodales, on “scelle” parfois l’accord autour d’un pressoir.