Top 5 des adresses du Vexin pour un déjeuner d’affaires mémorable
À moins d’une heure de Paris, le Vexin offre une alternative apaisée à l’agitation citadine. Proches de Cergy, de Pontoise ou de la gare de Mantes, ses meilleures adresses...
Trésors du Vexin
Situé à cheval entre l’Île-de-France et la Normandie, le Vexin français n’a jamais été un grand bassin viticole à l’échelle nationale. Pourtant, il recèle depuis plusieurs décennies d’une vitalité insoupçonnée, portée par une mosaïque d’initiatives collectives. Après le quasi-effacement des vignes au cours du XXe siècle — liées au phylloxéra, à l’urbanisation et à l’exode rural —, la voix des projets collaboratifs s’est imposée comme un levier majeur de renaissance pour la viticulture locale.
Quels sont aujourd’hui ces projets collectifs qui repositionnent le Vexin sur la carte des territoires viticoles français ? Quelles méthodes, quels modèles économiques et quelle vision de la viticulture défendent-ils ? Tour d’horizon des dynamiques concrètes, du terrain à la bouteille.
Le Vexin, région de plateau parsemée de coteaux, a connu la culture de la vigne dès le Moyen-Âge. À Pontoise, Magny-en-Vexin, ou au nord-ouest de la Seine, la tradition viticole a généré pendant des siècles une économie locale animée. Après la disparition quasi totale du vignoble autour des années 1930, la mémoire de la vigne est restée vivace chez certains habitants, passionnés et élus. Il a fallu attendre les années 1980 pour voir, timidement, des initiatives s’amorcer sur le terrain de la coopération.
Durant la décennie 2000-2010, des associations d’amateurs et de vignerons voient le jour, poussées par la volonté de mutualiser les savoirs et de partager l’entretien (et parfois la transformation) de la vigne. Le modèle associatif permet de contourner la lourdeur des contraintes économiques individuelles, tout en dynamisant l’ancrage local.
À ce jour, le Vexin ne compte pas de grande coopérative vinicole, mais des modèles « semi-coopératifs » émergent : partage de matériel, cuves, pressoirs, voire de foncier, permettant la transformation du raisin à petite échelle. L’acquisition collective de matériels (fouloir, pressoir, micro-cuves inox) limite les coûts et encourage le passage à la micro-vinification professionnelle.
La relance viticole s’affirme aussi par l’implication directe des citoyens. Des « vignobles partagés », à la croisée des jardins collectifs et de l'oenologie citoyenne, voient le jour à Vigny, Aincourt ou Montgeroult. L’objectif : investir la vigne comme ressource pédagogique, fédératrice et écologique.
Lancé en 2019, le projet Vignes Solidaires propose à des personnes en insertion professionnelle de participer à l’entretien, la taille et la récolte de petites vignes collectives. Ces ateliers sont un vecteur d’intégration, permettant de redynamiser l’emploi local par le prisme de l’agriculture d’insertion (source : Le Parisien).
La montée en charge de projets viticoles collectifs ne serait rien sans l’action soutenue des élus locaux et du Parc naturel régional du Vexin français. Depuis 2017, le PNR porte un schéma de structuration du vignoble local, axé sur trois volets :
À ce jour, 22 nouvelles parcelles collectives ont vu le jour sous l’impulsion du PNR et des municipalités partenaires, pour une surface totale en progression de 45 % sur les cinq dernières années.
Bien que la production reste modeste (environ 30 à 40 hectares en vigne plantée, selon le PNR et FranceAgriMer), le tissu des projets collectifs attire désormais des micro-vinificateurs à temps plein. Plusieurs anciens projets associatifs se professionnalisent, ouvrant la voie à une reconnaissance future par l’INAO pour une IGP Vexin français, en discussions depuis 2021.
| Type de projet | Nombre estimé (2023) | Surface totale concernée | Part du collectif |
|---|---|---|---|
| Vignes associatives communales | 18 | 7,5 ha | 95 % |
| Micro-parcelles citoyennes (écoles, inclusion, chantiers d’insertion) | 6 | 2 ha | 100 % |
| Initiatives professionnelles collectives (coopératives, SCIC) | 2 | >4 ha | 75 % |
Si la plupart des projets restent modestes en superficie, leur force tient à la multidisciplinarité : valorisation du patrimoine, démarche pédagogique intergénérationnelle, développement de circuits courts et animation culturelle. Par son modèle, le Vexin se distingue nettement des approches individuelles classiques du Bassin Parisien ou de la Champagne voisine.
Le Vexin redevient ainsi, sous l’effet du collectif, un laboratoire d’avenir pour une viticulture à échelle humaine, localisée, plurielle et inventive, où chaque bouteille raconte l’énergie généreuse de la coopération.