Entre le XIVe et le XVIIIe siècle, la viticulture Vexinoise sert en grande partie à répondre à la soif grandissante de Paris, dont la population explose. Selon les recherches de l’historien Jean-Robert Pitte (source Persée), on estime qu’au XVIIe siècle, près de 40 % de la surface agricole du secteur de Magny-en-Vexin était plantée en vigne. On cultive alors principalement des cépages autochtones tels que le gouais et le morillon, ancêtres du chardonnay et du gamay modernes. Les vins, souvent légers et acidulés, sont appréciés pour leur fraîcheur sur les tables de la capitale.
L’organisation du vignoble se structure autour des « clos » : des parcelles murées, parfois adossées à des maisons de maître ou à des fermes. Quelques villages phares se distinguent :
- La Roche-Guyon, dont le vignoble sur les coteaux surplombe la Seine ;
- Vallangoujard et Bray-et-Lû, réputés pour la qualité de leurs cépages précoces ;
- Magny-en-Vexin, qui concentre la plus forte densité d’exploitations viticoles de la région au XVIIIe siècle.
De nombreux témoignages évoquent la vie des vignerons, sous contrôle étroit des propriétaires laïcs et religieux, mais aussi du commerce fluvial du vin sur la Seine et l’Oise, en tonneaux vers les tavernes parisiennes.