À l’aube du XIXe siècle, la vigne recouvrait une grande partie du Vexin. On en retrouvait jusqu’aux portes de Pontoise, Auvers-sur-Oise ou Vétheuil. Selon l’Inventaire des richesses naturelles et touristiques (IGN, 1829), le département de Seine-et-Oise comptait plus de 34 000 hectares de vignes, dont environ 4 000 dans le seul secteur du Vexin français.
Les vins produits, principalement des blancs issus de cépages anciens (le morillon, le gouais, le menu pinot), se vendaient surtout à Paris et dans sa proche banlieue. Les marchands des Halles venaient charger barriques et tonneaux, profitant du transport fluvial sur l’Oise et la Seine. Chacun, du simple journalier au propriétaire notable, trouvait dans la vigne un revenu complémentaire.
- 1800 : la vigne occupe près de 20% des terres cultivées dans les villages du sud du Vexin.
- Vers 1850 : encore environ 2 500 hectares en activité selon les statistiques départementales (sources : Archives départementales du Val-d’Oise).
Mais à partir du milieu du siècle, l’effondrement sera inexorable. Comprendre ce phénomène demande d’analyser à la fois les crises nationales et les spécificités locales du Vexin.