Top 5 des adresses du Vexin pour un déjeuner d’affaires mémorable
À moins d’une heure de Paris, le Vexin offre une alternative apaisée à l’agitation citadine. Proches de Cergy, de Pontoise ou de la gare de Mantes, ses meilleures adresses...
Trésors du Vexin
À l’aube du XIXe siècle, la vigne recouvrait une grande partie du Vexin. On en retrouvait jusqu’aux portes de Pontoise, Auvers-sur-Oise ou Vétheuil. Selon l’Inventaire des richesses naturelles et touristiques (IGN, 1829), le département de Seine-et-Oise comptait plus de 34 000 hectares de vignes, dont environ 4 000 dans le seul secteur du Vexin français.
Les vins produits, principalement des blancs issus de cépages anciens (le morillon, le gouais, le menu pinot), se vendaient surtout à Paris et dans sa proche banlieue. Les marchands des Halles venaient charger barriques et tonneaux, profitant du transport fluvial sur l’Oise et la Seine. Chacun, du simple journalier au propriétaire notable, trouvait dans la vigne un revenu complémentaire.
Mais à partir du milieu du siècle, l’effondrement sera inexorable. Comprendre ce phénomène demande d’analyser à la fois les crises nationales et les spécificités locales du Vexin.
La crise du phylloxéra reste, dans l’imaginaire collectif, l’un des tournants majeurs du déclin viticole en France. Cependant, dans le cas du Vexin, si sa contribution a été importante, elle doit se lire parmi d’autres catastrophes phytosanitaires plus précoces.
La replantation, coûteuse et complexe, oblige à importer des plants greffés et à changer complètement les techniques culturales, décourageant nombre de petits exploitants.
Le XIXe siècle n’est pas seulement celui des maladies. L’arrivée du chemin de fer à partir de 1846 (ligne Paris-Pontoise, puis Mantes-la-Jolie) bouleverse toute la logistique alimentaire francilienne.
En parallèle, la révolution agricole remplace les cultures vivrières. Les terres sont converties en prés et cultures céréalières plus rentables. Le Vexin devient, du fait de ses sols calcaires, une terre à blé et à betterave, favorisées par la demande urbaine croissante.
Travailler la vigne nécessite une main-d’œuvre importante et régulière. Or, au fil du XIXe siècle, l’augmentation des taxes sur le vin, notamment l’octroi (droit de passage à l’entrée de Paris), rend le commerce moins rentable pour les petits producteurs locaux.
Autre difficulté majeure : la succession. Dans le paysage du Vexin, la division des propriétés s’intensifie, morcelant les exploitations en petites parcelles difficiles à gérer. Selon les statistiques cadastrales du Val-d’Oise, entre 1830 et 1880, la taille moyenne d’une exploitation viticole passe de 1,2 hectare à moins de 0,5 hectare. Cette fragmentation rend les investissements dans la modernisation quasiment impossibles.
Au-delà des questions économiques et agricoles, le XIXe siècle marque une transformation rapide des habitudes de consommation.
De même, la main-d’œuvre se raréfie : l’appel des usines et du monde urbain attire les jeunes, qui délaissent les travaux pénibles et précaires de la vigne. Le recensement de Magny-en-Vexin en 1872 montre ainsi que sur les 2504 habitants, on ne compte plus qu’une vingtaine de vignerons déclarés, contre plus de 180 en 1836 (source : INSEE, recensements historiques).
Face à cet effondrement, quelques initiatives individuelles voient encore le jour : associations de vignerons, tentatives d’introduction de nouveaux cépages hybrides résistants, créations de coopératives naissantes. Mais le contexte reste défavorable :
Quelques villages, comme Vétheuil ou Génainville, tentent la relance grâce à l’essor du tourisme fluvial et à la mode du paysage impressionniste, mais cela reste marginal.
La quasi-disparition de la vigne façonne durablement le paysage régional. Les traces de ce passé demeurent aujourd’hui dans la toponymie (chemin des Vignes, clos du Pressoir...), les murs à pêches ou les ruines de pressoirs disséminés sur les coteaux.
À la veille de la Première Guerre mondiale, il ne subsiste qu’une dizaine d’exploitations commerciales dans tout le Vexin français (source : Monographie des vignobles franciliens, Musée de la vigne de Suresnes, 2004). Depuis le début du XXIe siècle, quelques initiatives associatives remettent à l’honneur ce patrimoine, mais il n’atteindra probablement jamais l’ampleur du passé.
La crise viticole du Vexin au XIXe siècle donne à voir, en miniature, la complexité de l’histoire rurale française : comment un terroir prospère a pu vaciller sous la conjonction de phénomènes globaux (maladies, industrialisation, concurrence), mais aussi par l’usure lente des coutumes et des pratiques locales. Cette histoire, loin d’être le simple récit d’un déclin, invite à réfléchir à la capacité d’adaptation des territoires. La récente renaissance de quelques vignes, portée par la passion d’amateurs et d’associations, témoigne que les traditions ne meurent jamais vraiment — elles se transforment et attendent d’être à nouveau mises en lumière.
SOURCES :