Top 5 des adresses du Vexin pour un déjeuner d’affaires mémorable
À moins d’une heure de Paris, le Vexin offre une alternative apaisée à l’agitation citadine. Proches de Cergy, de Pontoise ou de la gare de Mantes, ses meilleures adresses...
Trésors du Vexin
Le Vexin français, si discret qu’on en oublie parfois l’existence viticole, a pourtant longtemps vibré au rythme de la vigne. Si les coteaux ensoleillés témoignent encore d’un passé foisonnant, l’époque moderne (XVIe-XXe siècles) a été traversée par de profondes mutations agricoles, économiques et sociales. Pour comprendre l’état actuel de la viticulture dans cette région, il faut plonger dans une chronologie souvent mal connue où la vigne occupe un rôle changeant, modelé par les crises, la fiscalité royale, puis l’industrialisation.
À la Renaissance, le Vexin fait partie intégrante du grand vignoble francilien (Vexin, Montmorency, Argenteuil, Suresnes) qui alimente Paris. Les documents d’archives témoignent d’une vigne omniprésente dans le paysage : au XVIIe siècle, on compte près de 30 000 hectares de vignes plantés en Île-de-France (source : Institut national de recherches archéologiques préventives – INRAP).
Pourtant, la fiscalité pesante – droits d’entrée aux portes de Paris (gabelle, octroi, etc.) – va peu à peu freiner cette vitalité. Vers la fin du XVIIIe siècle, le vignoble commence à régresser : la concurrence des vins du Sud et des régions voisines, acheminés plus facilement grâce à la batellerie sur l’Oise et la Seine puis, au XIXe, par le chemin de fer, rend le vin du Vexin économiquement moins compétitif.
Le grand tournant se produit au XIXe siècle. À partir des années 1860, deux phénomènes bouleversent la viticulture vexinoise et francilienne :
Des villages tels qu’Auvers-sur-Oise ou La Roche-Guyon, où la vigne couvrait encore des centaines d’hectares au début du siècle, voient cette activité tomber en quasi-oubli au fil de trois générations. L’évolution du paysage est telle que l’on confond les vieux murs à vignes avec des vestiges de fortifications !
Dès les années 1970, la vigne réapparaît dans le Vexin à la faveur d’initiatives associatives et pédagogiques. Ce mouvement surgit au sein d’une volonté plus large de redécouverte du patrimoine paysan, dans un Vexin qui cherche à cultiver son identité face à l’urbanisation galopante de l’Île-de-France.
On observe non pas un retour massif de la production commerciale, mais une valorisation mémorielle : la vigne redevient un marqueur paysager, un élément d’animation culturelle (fêtes des vendanges, journées du patrimoine, circuits œnotouristiques).
Les exploitations récentes sont tournées vers :
Cet essor demeure modeste en chiffres. On dénombre aujourd’hui moins de 10 hectares de vignes en production sur la totalité du Vexin français (source : Parc naturel régional du Vexin français – PNRVF, rapport 2023). La quasi-totalité des vins produits bénéficient d’une diffusion confidentielle, réservée à une clientèle locale ou aux touristes de passage.
Un facteur inattendu bouleverse la donne : la remontée des températures moyennes. Alors que, traditionnellement, la maturation des raisins posait problème, les dernières statistiques de Météo France enregistrent une hausse moyenne de +1° Celsius en soixante ans sur la plaine d’Epône-Gisors.
La viticulture vexinoise reste un laboratoire où se conjuguent mémoire rurale, innovation écologique et anecdote savoureuse :
Des obstacles demeurent : l’absence d’appellation contrôlée, le morcellement des parcelles, la compétition foncière avec le maraîchage bio et l’urbanisation, et la difficulté d’assurer la rentabilité sans soutien logistique régional. Néanmoins, la dynamique actuelle laisse entrevoir une consolidation progressive, autour de trois axes :
Loin d’un retour en force des grands vignobles historiques, la vigne du Vexin symbolise aujourd’hui la vitalité d’une ruralité inventive, à l’écoute de ses racines. Qu’il s’agisse de flâner entre les ceps lors des Journées du Patrimoine ou de goûter, le temps d’une fête de village, à un blanc prometteur, le Vexin viticole propose une expérience ancrée dans le temps long, mais ouverte sur des approches nouvelles et participatives. Ce renouveau discret, fait d’essais, de tâtonnements et de passions partagées, dessine un modèle singulier : à la fois mémoire paysanne, espace d’expérimentation et antidote à l’uniformisation du paysage agricole francilien.
Sources :