Un réseau de voies naturelles et humaines
Un des points forts du Vexin réside dans son réseau d’acheminement. La Seine, large et navigable jusqu’à Mantes, puis les vallées de l’Oise et de l’Epte, étaient de véritables artères pour le transport du vin, offrant des liaisons rapides et sûres vers le marché parisien.
- Par bateau : Outre les gabares et bachots utilisés depuis les rives de la Seine, le vin empruntait aussi de petits convois sur l’Oise, à Méry ou Auvers-sur-Oise.
- Par charrette : Les villages se situent en général à moins de 60 km de Paris. Des routes, telles que l’ancienne voie de Rouen (par la chaussée Jules César), permettaient un acheminement efficace en moins d’une journée.
Cette logistique est essentielle : elle limite les frais de transport et réduit les risques de dégradation du vin, d’autant que celui-ci était souvent conservé en tonneaux de bois, parfois traités à la poix pour mieux résister aux longs trajets.
Les taxes, tarifs et privilèges du vin du Vexin
L’accès au marché parisien est minutieusement réglementé, la ville met en place dès le XIVe siècle une politique fiscale sévère sur le vin. Parmi les diverses catégories, le vin de marché — produit et écoulé à proximité immédiate de Paris — bénéficie d’avantages indéniables. Les vins du Vexin, du Gâtinais ou d’Argenteuil, sont soumis à des taxes moindres – le "droit d’entrée" de la capitale – ce qui leur permet d’accéder plus facilement aux tavernes et cabarets parisiens (source: Jean-Pierre Goubert, “Parisiens et leur vin, 1300-1850”, CNRS Editions).
- Droits de grande et petite entrée : Les principales barrières dont les vins venaient du Vexin sont allégées, facilitant leur commerce par rapport à ceux de Bourgogne ou de Loire, soumis à de lourdes taxes de “gros et petit tonlieu”.
- Rôle de la corporation des Marchands de l’Eau : Ceux-ci contrôlaient les ventes fluviales, mais le Vexin échappait souvent à certains monopoles grâce à sa proximité géographique.
Ceci explique la forte présence du vin de pays du Vexin, souvent préféré aux crus plus lointains et coûteux dans le cabaret de quartier, notamment avant l’âge d’or du vin de Bourgogne à Paris (fin XVIIe – début XVIIIe).